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Des militants polonais risquent la prison pour avoir collé des affiches de la Vierge Marie avec un halo arc-en-ciel

Le procès de trois militants polonais accusés d'avoir «offensé des croyances religieuses» débutera mercredi, selon l'organisation de défense des droits LGBT + ILGA-Europe, et pourrait se traduire par une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans.

Elżbieta, Anna et Joanna – dont les noms n'ont pas été divulgués – ont été arrêtées en 2019 et inculpées l'année suivante après avoir collé des affiches de la Vierge Marie ornées d'un halo arc-en-ciel, symbolique du drapeau populaire utilisé pour représenter la communauté LGBT +.

Le politicien conservateur polonais Joachim Brudziński s'est rendu sur Twitter au moment de l'arrestation d'Elżbieta en 2019 – elle a été arrêtée par la police avant Anna et Joanna – pour annoncer que quelqu'un avait été arrêté pour «profanation de la Vierge Marie de Częstochowa».

La police a arrêté et détenu Elżbieta à son retour en Pologne après un voyage à l'étranger avec Amnesty International. Une enquête officielle a ensuite été ouverte en mai 2019, les trois femmes étant inculpées en juillet 2020.

Le procès, censé commencer en novembre mais reporté à ce mercredi (13 janvier), a depuis attiré l'attention du monde entier – avec une coalition d'organisations de défense des droits humains, dont ILGA-Europe et Amnesty International, se regroupant pour appeler les autorités polonaises à abandonner la les accusations et permettre aux trois femmes d'exercer leur droit à «l'activisme pacifique» et à la «liberté d'expression».

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Les trois femmes jugées ont toutes été inculpées d '«infraction à des convictions religieuses», en vertu de l'article 196 du Code pénal polonais, qui stipule que «quiconque est reconnu coupable d'avoir intentionnellement offensé des sentiments religieux par calomnie publique d'un objet ou d'un lieu de culte passible d'une amende, une restriction de liberté ou une peine d'emprisonnement de deux ans au maximum ».

Les autorités affirment qu'Elżbieta, Anna et Joanna «ont publiquement insulté un objet de culte religieux sous la forme de cette image qui offensait les sentiments religieux d'autrui».

Le trio aurait collé les affiches modifiées de la Vierge Marie autour de la ville polonaise de Plock, le 29 avril 2019, dans des espaces publics tels que des toilettes portables, des poubelles et des panneaux de signalisation. Ils risquent maintenant jusqu'à deux ans de prison s'ils sont reconnus coupables.

«Avoir, créer ou distribuer des affiches telles que celles représentant la Vierge Marie avec un halo arc-en-ciel ne devrait pas être une infraction pénale et est protégé par le droit à la liberté d'expression», a déclaré la coalition du groupe de défense des droits dans sa déclaration commune, publiée sur ILGA -Site Web de l'Europe.

Des manifestants sont photographiés lors d'un rassemblement pour la liberté d'expression dans le centre-ville de Varsovie, organisé après l'arrestation d'Elżbieta

(AFP via Getty Images)

Les organisations ont déclaré que l'article 196 du Code pénal «impose des restrictions indues au droit à la liberté d'expression» en laissant aux autorités une trop grande marge de manœuvre pour «poursuivre et criminaliser les individus pour une expression qui doit être protégée».

«Cela est incompatible avec les obligations internationales et régionales de la Pologne en matière de droits humains», ont-ils averti.

Amnesty International a précédemment appelé les autorités polonaises à modifier l'article 196 du Code pénal, qui selon elle «criminalise les déclarations protégées par le droit à la liberté d'expression».

Parallèlement, d’autres organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme ont également qualifié certaines parties du Code pénal polonais, notamment l’article 196, de «problématiques» car elles légalisent les restrictions au droit à la liberté d’expression «qui ne sont pas autorisées en vertu du droit international des droits de l’homme».

Quelque 140 000 personnes ont rejoint une campagne internationale exhortant le procureur général de Pologne à abandonner les «accusations non fondées» contre Elżbieta, Anna et Joanna. Dans l'état actuel des choses, cependant, le procès se poursuivra et les trois femmes risquent de passer du temps derrière les barreaux.

«Elżbieta, Anna et Joanna se sont opposées à la haine et à la discrimination et depuis des années, elles se battent pour une Pologne juste et égalitaire», conclut le communiqué de la coalition.

«Ils méritent d'être félicités et non traduits en justice pour leur activisme.»

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